Sacrements

Je suis aussi heureux de n’être plus marié, quand je vois la femme d’un écrivain, épousant toutes ses petites querelles et ses tics, partisane, exagérant et trahissant tous les défauts de son homme (quitte à le tromper, par ailleurs, avec ses disciples et tout passant).

La femme trahit toujours l’homme.

Pour rien au monde, je ne voudrais avoir une femme qui livre en pâture à mes amis (à mes ennemis) tout le détail de mon caractère, tous mes dessous. Une femme, c’est comme un valet de chambre invité à table et qui commente avec une minutie sordide le : pas de génie pour son valet de chambre.

Une femme charmante comme Mme Mauriac, avec sa beauté calme, secrètement mouvementée, tout d’un coup quand il s’agit de son affreux académicien de mari, reflète un monde de petites manœuvres et petites intrigues, rancunes et agressions mesquines. Elle devient laide, un instant.

Avec quel bon instant j’ai toujours craint les femmes. […]

Trop paresseux pour me salir les mains.

*****

Je n’ai pu me marier avec Colette Jéramec que grâce à cette idée qu’incessamment elle allait ouvrir les yeux et me préférer quelqu’un d’autre; je n’ai épousé Olesia Sienkiwicz que grâce à l’idée qu’elle était lesbienne et ne pouvait vraiment m’aimer. Tout cela par la suite s’est avéré, mais il n’en reste pas moins que sur le moment même c’était absolument faux. […]

J’ai vécu frissonnant de doute dans l’ombre d’un autre homme que je n’ai jamais été.

Pierre Drieu la Rochelle (1893 – 1945), Journal 1939 – 1945, en dates du 11 septembre et du 14 octobre 1939

Sven Richard Bergh (1858 – 1919), Nordic Summer Evening

Publicités

– 25 %

Jusqu’au 15 novembre, je vous propose une réduction de – 25 % sur les diagrammes de la catégorie Noël (les prix affichés sur le site tiennent compte de la réduction) :

https://i0.wp.com/sd-5.archive-host.com/membres/images/164353825412355948/abc_noel_wordpress.jpg

« Abécédaire de Noël » – diagramme noir et blanc à 9 euros au lieu de 12 jusqu’au 15 novembre

D’autres modèles vous attendent…

Rouges

Petite avancée sur mes présents de fin d’année, avec cette jolie grille de Gazette94 dont j’apprécie beaucoup les samplers :

https://i2.wp.com/sd-5.archive-host.com/membres/images/164353825412355948/gazette_2710.jpg

Le fil utilisé est un 115 de DMC, dont je trouve les transitions entre les rouges assez brusques…

Travail à quatre mains

Il y a quelques semaines je vous montrais le travail que m’avait confié Fabienne G., brodeuse talentueuse qui me fait confiance depuis des années pour contribuer à réaliser ses envies – merci Fabienne !

La photo de départ était celle-ci :

Roche_5

Les étapes du travail :

Roche_1

Roche_2

Roche_3

Roche_4

La broderie terminée par Fabienne (qui brode très bien, très vite et très beaucoup – et non, je ne suis pas jalouse) :

https://i2.wp.com/sd-5.archive-host.com/membres/images/164353825412355948/roche_fabienne_terminee.jpg

Cavales

Dimanche pluvieux, je sors mes pastels:

https://i1.wp.com/sd-5.archive-host.com/membres/images/164353825412355948/etalon_1.jpg

https://i0.wp.com/sd-5.archive-host.com/membres/images/164353825412355948/etalon_2.jpg

https://i0.wp.com/sd-5.archive-host.com/membres/images/164353825412355948/etalon_3.jpg

Dans la version finale, j’ai raccourci les muscles du poitrail, qui me semblaient remonter trop haut vers la gorge. J’ai adapté certains de mes dessins au point de croix – j’ai brodé les modèles sur du lin à 14 fils au centimètre, avec un brin de fil DMC :

https://i0.wp.com/sd-5.archive-host.com/membres/images/164353825412355948/projet_3.jpg

https://i1.wp.com/sd-5.archive-host.com/membres/images/164353825412355948/projet_4.jpg

https://i0.wp.com/sd-5.archive-host.com/membres/images/164353825412355948/projet_2.jpg

https://i1.wp.com/sd-5.archive-host.com/membres/images/164353825412355948/projet_1.jpg

Ces modèles ne sont pas commercialisés – un jour j’aimerais trouver suffisamment de cran et de confiance en moi pour les proposer à un éditeur. Si je renonce à cette démarche je les mettrai sur le site. C’est quelque chose qui mûrit depuis plusieurs années, je ne désespère pas de faire aboutir le projet – ma force d’inertie et mon incapacité à me botter les fesses me sidèrent autant qu’elles me désolent 🙂

Pragmatisme

« J’ai… trouvé le portable sur le terrain communal », balbutia-t-il.

Elle fronça les sourcils, cherchant à comprendre.

« Que veux-tu dire ? »

Tout avait foiré, complètement foiré, et il ne vit pas comment s’en tirer autrement qu’en allant jusqu’au bout.

« Et j’ai aussi trouvé un sac », déclara-t-il, en désespoir de cause. Il avait du mal à s’expliquer, comme si les mots ne faisaient qu’aggraver la situation. « Il vaut mieux que je te montre… » Et il la conduisit au garage.

Harriet resta un instant à contempler le sac plein de sachets, blême de colère.

« Tu veux dire que tu as… ? » Elle secoua la tête, incrédule. « Vraiment, je n’arrive pas à croire que tu aies fait quelque chose d’aussi stupide ! »

Il avait du mal à le croire lui-même. Comment cela avait-il pu lui paraître une bonne idée ?

« Personne ne m’a vu, ça, j’en suis sûr, murmura-t-il. Je m’en débarrasserai dès demain. Je le jetterai dans la Tamise. Je vais même me débarrasser de l’argent. » Pour montrer la sincérité de son repentir, il sortit en hâte les billets de banque de leur cachette, derrière un bidon rouillé de désherbant.

Harriet considéra l’argent, encore plus choquée.

« Dieu du ciel ! Ça représente quelle somme ?

– Environ quatre mille cinq cents livres. Je vais me débarrasser de tout !

– Mais qu’est-ce que tu as fait, Peter ? Tu as déjà vendu tout le contenu d’un autre sac comme ça ? » Elle désignait le sac d’un air méprisant.

« Oh non ! » Il prit une dizaine de sachets. « Plutôt cette quantité-là. »

Un silence s’abattit sur le garage. Peter attendit le verdict de sa femme, priant pour qu’elle lui indique d’une quelconque façon qu’un jour elle serait capable de lui pardonner, bien qu’elle ne fût guère portée au pardon. Ils étaient ensemble depuis si longtemps qu’il ne pouvait imaginer de vivre seul. Il envisagea même l’atroce hypothèse qu’elle le dénonce à la police. Cela semblait peu probable, mais elle se montrait parfois tellement sévère. Dans le même temps, il espérait malgré tout qu’elle ne s’opposerait pas à ce qu’ils gardent les quatre mille cinq cents livres. Il avait déjà pris rendez-vous avec le carrossier pour la voiture et voulait faire repeindre les fenêtres dont la peinture s’écaillait…

Il ne comprit en fait qu’après un long moment, à la mine concentrée de Harriet, que, loin de juger sa conduite, elle tentait de calculer la valeur globale du sac.

Matthew Kneale (né en 1960), Petits crimes dans un âge d’abondance, « 2. Poudre » – traduction de Georges-Michel Sarotte

Jan van Eyck (vers 1390 – 1441), Les Époux Arnolfini (détail)

Chatoyant

Lever de soleil ce matin sur le Nord-Isère, aux mille couleurs flamboyantes :

https://i1.wp.com/sd-5.archive-host.com/membres/images/164353825412355948/Nature/lever_1.jpg

https://i1.wp.com/sd-5.archive-host.com/membres/images/164353825412355948/Nature/lever_2.jpg

https://i0.wp.com/sd-5.archive-host.com/membres/images/164353825412355948/Nature/lever_3.jpg

https://i2.wp.com/sd-5.archive-host.com/membres/images/164353825412355948/Nature/lever_4.jpg

Rougeoiements également côté broderie, un petit cadeau en-cours, à partir d’une grille de la talentueuse Gazette94 (brodé sur aïda 7 blanche, avec un brin de DMC 115) :

https://i1.wp.com/sd-5.archive-host.com/membres/images/164353825412355948/Nature/gazette_2210.jpg