Cultures

Conquête

La plus noble conquête que l’homme ait jamais faite est celle de ce fier et fougueux animal, qui partage avec lui les fatigues de la guerre et la gloire des combats; aussi intrépide que son maître, le cheval voit le péril et l’affronte; il se fait au bruit des armes, il l’aime, il le cherche et s’anime de la même ardeur : il partage aussi ses plaisirs; à la chasse, aux tournois, à la course, il brille, il étincelle. Mais docile autant que courageux, il ne se laisse point emporter à son feu; il sait réprimer ses mouvements. Non seulement il fléchit sous la main de celui qui le guide, mais il semble consulter ses désirs, et, obéissant toujours aux impressions qu’il en reçoit, il se précipite, se modère ou s’arrête : c’est une créature qui renonce à son être pour n’exister que par la volonté d’un autre, qui sait même la prévenir; qui par la promptitude et la précision de ses mouvements, l’exprime et l’exécute; qui sent autant qu’on le désire, et se rend autant qu’on veut; qui, se livrant sans réserve, ne se refuse à rien, sert de toutes ses forces, s’excède, et même meurt pour obéir.

Georges-Louis Leclerc de Buffon (1707 – 1788), Histoire du cheval

Grey Villet (1927 – 2000), Trainer Jim (Sunny) Fitzsimons at Aqueduct track stables after William Woodward’s death in stable, sadly gazing at racehorse Nashua & feeding him carrot.

6 réflexions au sujet de “Conquête”

  1. Il devient comte de Buffon en 1773. En 1776, Louis XVI commande une statue de lui au sculpteur Augustin Pajou, érigée à l’entrée du Muséum d’histoire naturelle avec l’inscription : Majestati Naturæ par ingenium
    (« un génie égal à la majesté de la Nature »). Il meurt finalement en 1788.

    Bonjour Agnès
    le dimanche, c’est culture. Grâce à vous, je vais plus loin à chaque article avec ma manie des dictionnaires. Merci. J’aime Buffon, ( son étude du cheval est vivante et tellement vraie ) et cette photo m’émeut aussi. Ce vieux monsieur est superbe et on sent la confiance du cheval et leur connivence si je puis dire. Ils s’inclinent l’un vers l’autre comme en un salut. On sent le foin, les odeurs, l’humidité de l’air.
    Bon dimanche

    1. Merci Edwige pour les précisions sur Buffon, je ne savais pas. Je partage exactement votre perception de la photo – j’en ai accroché une copie au-dessus de mon bureau, elle m’apaise de manière extraordinaire… Bon dimanche, amitiés.

  2. Bonjour Agnès
    J’ai moi aussi imprimé (enfin mon époux) cette photo. Mon oncle qui m’a élevée, avait une écurie de courses. j’ai vécu parmi les chevaux toute ma jeunesse sans les monter ( à mon grand dam mais ma tante avait peur pour moi ).
    ceci explique cela.
    j’adore la façon que vous avez de prendre le trait de chaque cheval que vous observez.,cette entente charnelle et le regard tendre sur ce compagnon magnifique.
    Bises

    1. C’est drôle, j’étais sûre que cette photo vous toucherait particulièrement, Edwige 😉 Merci de votre fidélité – bises amicales. Peut-être n’est-il pas trop tard pour monter à cheval si cela vous tient vraiment à cœur…

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