Convergences

Peut-être avez-vous déjà eu l’occasion de voir les planches consacrées par Charles Le Brun (1619 – 1690) au rapprochement entre des visages humains et des têtes d’animaux qui ont des traits en commun :

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Si cela vous intéresse, vous pourrez en apprendre plus sur le site du Louvre.

Samedi soir j’ai voulu m’amuser à reprendre ce thème à partir de deux regards, celui d’une femme et d’un renard.

Le dessin a été réalisé directement au stylo à bille noir, d’où des retouches et des approximations – et des reflets cuivrés dus au flash :

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J’ai exécuté ces deux portraits sur une même feuille :

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Amour

La mésange

Les soldats s’en vont lentement
Dans la nuit trouble de la ville
Entends battre mon cœur d’amant
Ce cœur en vaut bien plus de mille
Puisque je t’aime éperdument

Je t’aime éperdument ma chère
J’ai perdu le sens de la vie
Je ne connais plus la lumière
Puisque l’Amour est mon envie
Mon soleil et ma vie entière

Ecoute-le battre mon cœur
Un régiment d’artillerie
En marche mon cœur d’Artilleur
Pour toi se met en batterie
Ecoute-le petite sœur

Petite sœur je te prends toute
Tu m’appartiens je t’appartiens
Ensemble nous faisons la route
Et dis-moi de ces petits riens
Qui consolent qui les écoute

Un tramway descend vitement
Trouant la nuit la nuit de verre
Où va mon cœur en régiment
Tes beaux yeux m’envoient leur lumière
Entends battre mon cœur d’amant

Ce matin vint une mésange
Voleter près de mon cheval
C’était peut-être un petit ange
Exilé dans le joli val
Où j’eus sa vision étrange

Ses yeux c’était des jolis yeux
Son plumage ta chevelure
Son chant les mots mystérieux
Qu’à mes oreilles on susurre
Quand nous sommes bien seuls tous les deux

Dans le vallon j’étais tout blême
D’avoir chevauché jusque là
Le vent criait un long poème
Au soleil dans tout son éclat
Au bel oiseau j’ai dit Je t’aime !

Guillaume Apollinaire (1880 – 1918), Poèmes à Lou

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Anna Stein (née en 1936), Couple