Fresque de la Manta – le quatrième arbre fruitier

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J’ai fait plus de la moitié :

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Le lien

J’étais jeune, si jeune – Dieu du ciel, mais j’étais un enfant, j’étais tout petit. Mais quel âge pouvais-je avoir, selon vous ? Était-ce réellement il y a si longtemps, des dizaines et des dizaines d’années de cela, si je peux encore me le remémorer aussi clairement (parce que tout cela est très clair), si parfaitement ? Non seulement les mots, les chuchotements mouillés de cet instant avec ma mère, celui-là parmi des millions d’autres, mais la montée et la retombée très douce de chaque syllabe, les soupirs que laissait parfois échapper sa gorge, mais plus souvent ses narines, comme elle tournait la tête ou baissait les yeux; les petits plis au coin de ses yeux, ceux plus marqués aux coins de sa bouche, les stries serrées, bien nettes de ses lèvres encore douces, comme des aiguilles poudrées au-dessus du menton, qui leur donnaient l’air d’avoir été tendrement pochées dans du petit-lait, mises à refroidir, et d’être encore juste tièdes. L’odeur de ses doigts – vieille graisse des boutons de la cuisinière – et puis un souffle impalpable de lavande, comme une plume ( et cette imperceptible dureté au bout, si différente des coussins moelleux de sa paume lorsqu’elle enveloppait ma joue dans sa main, son pouce tiède effleurant le bas de ma joue). Ensuite, je sentais la poudre, cette petite gifle collante de la poudre adhérant au rouge : du bout du doigt je touchais cette surface veloutée, maternelle. Je connaissais ce visage, et je l’aimais; des années durant, j’ai eu besoin de ce visage, plus que de mon cœur, de mes membres, de mes yeux, car sa simple présence me permettait de voir et de vivre – ce visage qu’une chère, triste femme m’offrait… Là n’étaient pas seulement les frontières de mon être, mais plus encore son noyau palpitant.

Joseph Connolly (né en 1950), L’amour est une chose étrange – traduction d’Alain Defossé

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James Jebusa Shannon (1862 – 1923), Mother and child

Apodemus sylvaticus

Après quelques nuits rendues difficiles par ton inépuisable activité au-dessus des chambres, nous t’avons attrapé, petit mulot :

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Tu as été libéré à l’aube dans la forêt d’Aoste, si tu as oublié le chemin de la maison ce n’est pas grave 🙂 Il nous reste à attraper ton cousin aperçu à tes côtés, et peut-être quelques autres qui galopent dans le grenier…

Si comme moi vous êtes adepte de la cohabitation pacifique, une adresse très sérieuse pour vous procurer une nasse à rats…

N.B. : selon la formule consacrée, aucun animal n’a été blessé ou maltraité durant la prise de ces photos 

Beauté

Aujourd’hui je souhaiterais partager avec vous tout un monde de beauté, celui qui apparaît avec le travail époustouflant de l’artiste Christophe Drochon. J’ai été très sensible à sa démarche, j’espère qu’il éveillera les mêmes émotions chez vous :

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Vous trouverez les titres des œuvres sur le site de l’artiste.

Toutes les images ont été reproduites avec l’aimable autorisation de leur auteur, qui s’est montré très gentil quand j’ai osé le contacter 🙂 Merci à vous Christophe !

 

Americana

Rockwell ne commence à bouger (disons que son esprit ne commence à s’ouvrir à d’autres gens que ses voisins immédiats) que vers la fin des années soixante, au moment où la bombe (sexe, race et rock and roll) lui éclate au visage. Ces explosives manifestations des Nègres qui allaient embraser l’Amérique entière et laisser le pauvre Rockwell un moment stupéfait. Son univers venait de basculer. Toute l’Amérique est en feu. Rockwell découvre à la télévision un monde qu’il croyait connaître. Ces gens si aimables, si humains, si justes de son Americana ne sont en fait que des monstres d’égoïsme, de racisme et d’intolérance. Quel choc ! Ses voisins : des racistes capables d’empêcher les enfants de fréquenter les écoles que fréquentent leurs propres enfants sous prétexte qu’ils ne sont pas de la même couleur. Rockwell est effaré. Son aveuglement le consterne. Son premier travail pour Look Magazine est une charge terrible contre sa chère Amérique. L’Amérique des petites villes irréprochables. L’image est toujours aussi nette. Elle vient d’une photo qui a fait le tour du monde. Quatre agents de police accompagnent à l’école une petite fille de neuf ans pour qu’elle ne se fasse pas lyncher par une foule en colère contre la décision de la Cour suprême des États-Unis, qui venait de déclarer illégale la ségrégation dans les écoles. Rockwell connaît bien cette foule qui veut tuer. Il peut reconnaître chacune des personnes présentes. Ce sont les mêmes qu’il a peintes méticuleusement pendant cinquante ans dans toutes les activités de la vie quotidienne pour le Saturday Evening Post. C’est le peuple des petites villes : la promesse de l’Amérique. Les grandes villes sont corrompues, mais les vrais Américains vivent en harmonie dans les petites villes. Le credo des années cinquante. Et Rockwell est leur chantre. Mais tout a si brutalement changé. […] En réalité, les gens savaient et ont toujours su (cet argument est souvent invoqué en Europe par ceux qui veulent réduire leur responsabilité dans le scandale nazi : nous ne savions pas). Ce sont bien eux qui ont modelé, créé, inventé cet échafaudage hypocrite qui leur tombe sur la gueule aujourd’hui. Il faut quand même reconnaître que Rockwell s’est immédiatement réveillé et qu’il a tenté, de toute la force de son immense talent de pédagogue – ses traits sont si clairs, si simples, si évidents qu’il est impossible de les ignorer -, d’expliquer à l’Amérique profonde qu’un tel aveuglement n’était plus possible et qu’il fallait s’ouvrir, pendant qu’il est encore temps, à cette nouvelle vie. Il était le seul homme à pouvoir le faire, et il l’a fait.

Dany Laferrière (né en 1953), Cette grenade dans la main du jeune nègre est-elle une arme ou un fruit ?

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Ruby Bridges lors de son premier jour d’école – Crédit non connu

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Norman Rockwell (1894 – 1978), The problem we all live with