Ruines du cœur

Mon coeur était jadis comme un palais romain,
Tout construit de granits choisis, de marbres rares.
Bientôt les passions, comme un flot de barbares,
L’envahirent, la hache ou la torche à la main.

Ce fut une ruine alors. Nul bruit humain.
Vipères et hiboux. Terrains de fleurs avares.
Partout gisaient, brisés, porphyres et carrares ;
Et les ronces avaient effacé le chemin.

Je suis resté longtemps, seul, devant mon désastre.
Des midis sans soleil, des minuits sans un astre,
Passèrent, et j’ai, là, vécu d’horribles jours ;

Mais tu parus enfin, blanche dans la lumière,
Et, bravement, afin de loger nos amours,
Des débris du palais j’ai bâti ma chaumière.

François Coppée (1842 – 1908), L’arrière-saison

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Hippolyte-Jean Flandrin (1809 – 1864), Jeune femme en buste, dite « La Florentine »

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4 réflexions sur “Ruines du cœur

  1. C’est un très beau tableau. L’élève ressemble au maître. J’aime aussi beaucoup Ingres.
    La poésie me ravit, m’apaise ou m’emporte. J’aime aussi beaucoup Coppée.
    Merci Agnès, pour ces dimanches que j’attends avec impatience !
    très bon dimanche. ici, oh ! soleil !
    grosses bises

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