Vous avez du talent

Fox-terrier à poil dur et tête de fox-terrier à poil dur

Deux jolies réalisations de Valérie E., qu’elle a eu la gentillesse de partager avec nous :

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Un travail tout en finesse :

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Ces deux modèles sont disponibles sur le site d’Orbis Pictura. Valérie a deux blogs, vous pouvez la suivre ici et ici; un grand merci à vous Valérie ! https://i0.wp.com/www.moins-depenser.com/images/smiley/merci_fleur.png

Cultures

Un veuf

Elle lui avait mis un thé à infuser, un après-midi, rien que du thé, porté prudemment jusqu’à la petite table en bois blanc disposé près de la fenêtre, dans sa chambre à elle. La propriétaire, convaincue par son uniforme et ses bonnes manières d’avoir affaire à un gentleman, l’avait autorisé à se rendre en visite dans la chambre de Nancy pourvu qu’il soit reparti avant la tombée de la nuit. Ils avaient l’habitude de faire l’amour dans la lumière vive de l’après-midi, étouffant leurs gloussements sous le dessus-de-lit en batik chaque fois que la logeuse faisait délibérément craquer les lames du parquet devant leur porte. Mais ce jour-là, la chambre était bien rangée, le fatras habituel de livres et de toiles proprement débarrassé, et Nancy, le cheveu lisse et tiré en queue-de-cheval, leur avait préparé ce breuvage dans ces tasses magnifiques et translucides, qui conservaient une chaleur brûlante dans leur porcelaine ancienne et faisaient luire leur thé ordinaire en vrac comme de l’ambre. Elle lui avait versé du lait d’un petit verre à alcool, en veillant à ne rien renverser, avec des mouvements d’une lenteur de cérémonie. Il avait levé sa tasse et compris, avec une soudaine clarté qui ne l’avait pas effrayé autant qu’il aurait pu s’y attendre, qu’il était temps de lui demander sa main.

Les tasses tremblaient dans les siennes. Il se baissa pour les poser délicatement sur le comptoir, où elles lui parurent trouver une inertie convenable. Nancy les avait bien traitées, ces tasses, en servant parfois du blanc-manger dedans, en raison de leur forme heureuse. Elle aurait été la dernière à insister pour qu’on les traite comme des reliques. Pourtant, quand il tendit la main pour attraper les soucoupes, il aurait aimé pouvoir lui demander s’il avait le droit de s’en servir.

Il n’avait jamais été de ces gens qui croyaient que les morts s’attardaient autour de vous, vous dispensaient des autorisations en prodiguant plus généralement leurs services de chiens de garde. À l’église, quand l’orgue allait crescendo et quand le chœur du cantique transformait des voisins irritants en une communauté éphémère de cœurs en élévation et de voix toutes simples, il acceptait qu’elle ne soit plus là. Il se l’imaginait au paradis, celui qu’il avait appris dans son enfance : un endroit à l’herbe verte, au ciel bleu, à la brise légère. Il ne pouvait plus se représenter ses habitants affublés d’accessoires aussi ridicules que des ailes. Au lieu de quoi, il voyait Nancy aller et venir d’un pas nonchalant dans une robe fourreau toute simple, ses chaussures basses à la main et un arbre ombreux l’invitant à distance. Le reste du temps, il ne réussissait pas à s’accrocher à cette vision. Elle était tout simplement partie, comme Bertie, et il ne lui restait plus qu’à lutter seul dans le vide béant de l’incrédulité.

Helen Simonson, La Dernière Conquête du Major Pettigrew – traduction de Johan-Frédérik Hel-Guedj

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Rebecca Harp (née en 1973), Self Portrait as Housewife with Cat

Mon métier

Jardin anglais

J’ai repris un modèle commencé en 2009, qui représentera une sorte de collage de différents petits sujets composant un jardin anglais; la première vignette, qui n’est pas terminée, figure une rose Pierre de Ronsard, à contre-jour :

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Je vous montrerai la suite au fur et à mesure…

Nouveaux modèles

Abécédaire de la campagne

Au programme de cet automne, un nouvel abécédaire qui met en scène fleurs, fruits, oiseaux et animaux de la ferme pour évoquer tout l’univers rural…

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La broderie fait 246 x 216 points et comporte 52 couleurs DMC. Les petits sujets représentés sont les suivants : âne, blé, coquelicot, (grand) duc, églantier, fourche, grange, hirondelle, iris d’eau, jument comtoise, kerrie, lapin de garenne, maïs, nielle, oie, porcelet, quetsche, roitelet triple-bandeau, serpolet, tarine, ulex parviflorus, violette, wyandotte, xéranthème, yeuse, (bruant) zizi. Pour avoir une vue plus détaillée de la grille vous pouvez cliquer ici.

Le modèle est disponible dans la catégorie Abécédaires.

Cultures

Paternité

Il s’essuya le bout des doigts avec un chiffon jaune et doux, puis se concentra sur les boutons chromés innombrables et les cadrans rétroéclairés du téléphone sans fil – un cadeau de son fils. Ses fonctions de numérotation rapide et d’activation vocale étaient utiles pour les personnes âgées, lui avait-il déclaré. Le major Pettigrew n’était en rien d’accord avec ces deux affirmations, tant la commodité de l’engin que sa prétendue obsolescence. Il était fréquent et tout aussi agaçant de constater qu’à peine sortis du nid pour s’installer sous leur propre toit – dans le cas de Roger, un appartement de grand standing tout en fonte et laiton dans un gratte-ciel défigurant la Tamise non loin de Putney – les enfants se mettaient à infantiliser leurs parents et à leur souhaiter la mort, ou du moins une vie d’assistés. Tout cela était très grec, songea-t-il.

***

– Attention où tu mets les pieds, papa, le prévint Roger dans son dos. Tu devrais te faire installer un éclairage de sécurité, tu sais. Un de ces trucs qui s’allument avec un détecteur de mouvement.

– Quelle brillante idée, répliqua-t-il. Avec tous les lapins du coin, sans parler du blaireau de notre voisin, cela ressemblerait à l’une de ces discothèques que tu fréquentais autrefois. » […]

« Est-ce que ça ira, papa ? » Le père vit le fils hésiter, une main sur le montant de la porte, son visage trahissant l’incertitude nerveuse d’un enfant conscient de s’être mal conduit.

« Ça ira parfaitement bien, je te remercie », dit-il.

Roger détourna les yeux, mais s’attarda encore, presque comme s’il s’attendait à ce qu’on le prie de faire le récit de ses actions du jour ou qu’on lui formule certaines exigences. Le major ne pipa mot. […] C’était déjà une satisfaction de savoir que Roger n’avait pas encore perdu toute notion du bien et du mal. Son père n’était guère d’humeur à distribuer la moindre absolution-minute.

« OK, je t’appelle demain.

– Ce n’est pas nécessaire.

– J’y tiens », insista son fils. Il s’avança et le major tituba, dans une étreinte gauche et penchée. D’une main, il se raccrocha au lourd panneau de porte, à la fois pour le maintenir ouvert et pour s’empêcher de tomber. De l’autre, il donna deux ou trois petites tapes hésitantes dans le dos de son fils – du moins la partie qu’il réussit à atteindre. Et puis sa main demeura là un moment et il sentit, dans cette omoplate noueuse, le petit enfant qu’il avait toujours aimé.

Helen Simonson, La Dernière Conquête du Major Pettigrew – traduction de Johan-Frédérik Hel-Guedj

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Ruth Bloch (née en 1951), Fatherhood