Mélusine

Les bras nus cerclés d’or et froissant le brocart
De sa robe argentée aux taillis d’aubépines,
Mélusine apparaît entre les herbes fines,
Les cheveux révoltés, saignante et l’œil hagard.

La splendeur de sa gorge éblouit le regard
Et l’émail de ses dents a des clartés divines ;
Mais Mélusine est folle et fait dans les ravines
Paître au pied des sapins la biche et le brocart.

Depuis cent ans qu’elle erre au pied des arbres fées,
Elle est fée elle-même ; un charme étrange et doux
La fait suivre à minuit des renards et des loups.

Ses yeux au ciel nocturne enchantent les hiboux,
Et près d’elle, érigeant ses fleurs en clairs trophées,
Jaillit un glaïeul rose à feuillage de houx.

Jean Lorrain (1855 – 1906), L’ombre ardente

https://i2.wp.com/sd-5.archive-host.com/membres/images/164353825412355948/melusine_waterhouse.JPG

John William Waterhouse (1849 – 1917), Une Naïade ou Hylas avec une Nymphe (détail)

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10 réflexions sur “Mélusine

  1. Merci pour ce magnifique poème de Jean Lorrain que j’aime particulièrement et pour ce superbe tableau ! Tu as un goût exquis à chaque fois.
    Bioses

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