Crayons, pinceaux et bricolages

Le visage de la guerre

J’aime beaucoup me promener sur un site anglo-saxon consacré aux arts visuels et à la créativité en général, My Modern Metropolis. Il y a quelques semaines, je suis tombée sur un article relatant le travail de Lalage Snow, une photographe stationnée à Kaboul qui a réalisé le portrait de soldats britanniques avant, pendant et après leur mission en Afghanistan. Dans ces triptyques, il est donné à voir la transformation physique induite par les bouleversements psychologiques vécus par ces militaires.

L’un de ces portraits m’a semblé particulièrement saisissant, celui d’un jeune homme de vingt-quatre ans, Chris MacGregor :

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J’ai eu envie de le dessiner (mon but n’était pas que sa mère ou sa copine le reconnaisse, mais bien de saisir les émotions qui se dégagent de son visage). C’est assez difficile pour moi de dessiner des hommes, je trouve ça très compliqué par rapport à un visage de femme, et ça faisait très longtemps que je n’avais pas touché un crayon, mais j’ai eu beaucoup de plaisir à m’y remettre :

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Une vue agrandie ici.

Il resterait beaucoup de choses à améliorer mais je me suis arrêtée là – j’ai aimé passer un moment avec ce visage, il m’a fait penser au poème El Desdichado.

Cultures

Conjonction

Le mur

[…]

Donc, nous étions assis devant le grand mur blême ;
Et moi, je n’osais pas lui dire : “Je vous aime !”
Mais comme j’étouffais, je lui pris les deux mains.
Elle eut un pli léger de sa lèvre coquette
Et me laissa venir comme un chasseur qui guette.

Des robes, qui passaient au fond des noirs chemins,
Mettaient parfois dans l’ombre une blancheur douteuse.

La lune nous couvrait de ses rayons pâlis
Et, nous enveloppant de sa clarté laiteuse,
Faisait fondre nos coeurs à sa vue amollis.
Elle glissait très haut, très placide et très lente,
Et pénétrait nos chairs d’une langueur troublante.

J’épiais ma compagne, et je sentais grandir
Dans mon être crispé, dans mes sens, dans mon âme,
Cet étrange tourment où nous jette une femme
Lorsque fermente en nous la fièvre du désir !
Lorsqu’on a, chaque nuit, dans le trouble du rêve,
Le baiser qui consent, le “oui” d’un œil fermé,
L’adorable inconnu des robes qu’on soulève,
Le corps qui s’abandonne, immobile et pâmé,
Et qu’en réalité la dame ne nous laisse
Que l’espoir de surprendre un moment de faiblesse !

Ma gorge était aride ; et des frissons ardents
Me vinrent, qui faisaient s’entre-choquer mes dents,
Une fureur d’esclave en révolte, et la joie
De ma force pouvant saisir, comme une proie,
Cette femme orgueilleuse et calme, dont soudain
Je ferais sangloter le tranquille dédain !

Elle riait, moqueuse, effrontément jolie ;
Son haleine faisait une fine vapeur
Dont j’avais soif. Mon cœur bondit ; une folie
Me prit. Je la saisis en mes bras. Elle eut peur,
Se leva. J’enlaçai sa taille avec colère,
Et je baisai, ployant sous moi son corps nerveux,
Son œil, son front, sa bouche humide et ses cheveux,

La lune, triomphant, brillait de gaieté claire.

Déjà je la prenais, impétueux et fort,
Quand je fus repoussé par un suprême effort.
Alors recommença notre lutte éperdue
Près du mur qui semblait une toile tendue.
Or, dans un brusque élan nous étant retournés,
Nous vîmes un spectacle étonnant et comique.
Traçant dans la clarté deux corps désordonnés,
Nos ombres agitaient une étrange mimique,
S’attirant, s’éloignant, s’étreignant tour à tour.
Elles semblaient jouer quelque bouffonnerie,
Avec des gestes fous de pantins en furie,
Esquissant drôlement la charge de l’Amour.
Elles se tortillaient, farces ou convulsives,
Se heurtaient de la tête ainsi que des béliers ;
Puis, redressant soudain leurs tailles excessives,
Restaient fixes, debout comme deux grands piliers.
Quelquefois, déployant quatre bras gigantesques,
Elles se repoussaient, noires sur le mur blanc,
Et, prises tout à coup de tendresses grotesques,
Paraissaient se pâmer dans un baiser brûlant.

La chose étant très gaie et très inattendue,
Elle se mit à rire. – Et comment se fâcher,
Se débattre et défendre aux lèvres d’approcher
Lorsqu’on rit ? Un instant de gravité perdue
Plus qu’un cœur embrasé peut sauver un amant !

Le rossignol chantait dans son arbre. La lune
Du fond du ciel serein recherchait vainement
Nos deux ombres au mur et n’en voyait plus qu’une.

Guy de Maupassant (1850 – 1893), Des vers

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Francesco Hayez (1791-1882), Le baiser

Crayons, pinceaux et bricolages

Bébé chouette

L’an dernier j’avais confectionné deux peluches pour mes enfants, Mimosa et Ginger (c’est le nom des peluches, pas de mes enfants !) :

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Cette année, et malgré le fait qu’ils avancent en âge, ils sont souhaité une autre peluche fait maison; ma fille a choisi un bébé chouette :

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Le résultat, cousu main, me semble plus effrayant qu’attendrissant, pourtant j’ai suivi scrupuleusement toutes les instructions :

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Baby owl – Minicraft

Tous ces modèles sont disponibles sur Minerva crafts.