J’aï pour maistresse…

J’aï pour maistresse une etrange Gorgonne,
Qui va passant les anges en beauté,
C’est un vray Mars en dure cruauté,
En chasteté la fille de Latonne.

Quand je la voy, mile fois je m’estonne
La larme à l’œil, ou que ma fermeté
Ne la flechit, ou que sa dureté
Ne me conduit d’où plus on ne retourne.

De la nature un cœur je n’ay receu,
Ainçois plus tost pour se nourir en feu
En lieu de luy j’ay une Salamandre,

Car si j’avoi de chair un cœur humain,
Long tems y a qu’il fust reduit en cendre,
Veu le brasier dont toujours il ard plain.

Pierre de Ronsard (1524 – 1585), Les Meslanges

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Paul Manship (1885 – 1966), Diane

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