Stances à la châtelaine

Madame, c’est moi qui viens.
Moi, cela ne vous dit rien !
Je viens vous chanter quand même
Ce que mon cœur a rimé
Et si vous voulez m’aimer ?
Moi : c’en est un qui vous aime !

Oh ! vos mains, dont les pâleurs
Bougent, en gestes de fleurs
Qu’un peu de brise caresse !
Oh ! vos beaux yeux impérieux !
Un seul regard de ces yeux
Dit assez votre noblesse !

Vos aïeules ont été,
Sous le grand chapeau d’été
Fleuri comme un jour de Pâques,
Marquises de Trianon,
Et moi, fils de gens sans nom,
J’ai des goûts à la Jean-Jacques !

Votre parc est doux et noir :
Il y ferait bon ce soir
Pour achever ce poème
Que mon cœur seul a rimé.
Donc, si vous voulez m’aimer,
J’y serai, moi qui vous aime !

– Je chantais cela tantôt,
Aux grilles de son château.
A la fin, compatissante,
Elle dit à son larbin :
« Joseph, portez donc du pain
Au pauvre mendiant qui chante ! »

Gaston Couté (1880 – 1911)

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Élisabeth Vigée Le Brun (1755 – 1842), Portrait de Madame du Barry

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2 réflexions sur “Stances à la châtelaine

  1. Joli poème que je ne connais pas. Mes enfants sont allés à l’école Vigee Lebrun rue Vigee Lebrun dans le XV ème arrondissement de Paris . Rigolo ! Le portait est très fin. Madame du Barry, grande lettrée. Bonnes Pâques. Grosses bises. Attention au foie.

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