Et te donner ne suffit plus, tu te prodigues

Et te donner ne suffit plus, tu te prodigues :
L’élan qui t’emporte à nous aimer plus fort, toujours,
Bondit et rebondit, sans cesse et sans fatigue,
Toujours plus haut vers le grand ciel du plein amour.

Un serrement de mains, un regard doux t’enfièvre ;
Et ton cœur m’apparaît si soudainement beau
Que j’ai crainte, parfois, de tes yeux et tes lèvres,
Et que j’en sois indigne et que tu m’aimes trop.

Ah ! ces claires ardeurs de tendresse trop haute
Pour le pauvre être humain qui n’a qu’un pauvre cœur
Tout mouillé de regrets, tout épineux de fautes,
Pour les sentir passer et se résoudre en pleurs.

Émile Verhaeren (1855 – 1916), Les heures d’après-midi

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Pablo Picasso (1881 – 1973), Étreinte

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2 réflexions sur “Et te donner ne suffit plus, tu te prodigues

  1. Admirable poème et belle peinture ! J’aime beaucoup Verhaeren. Merci pour ces beaux dimanches. Gros bisous

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