Une nouvelle rose…

est née sur la toile :

J’aimerais écrire plus souvent, mais pour l’instant je ne crée aucun modèle, j’ai des missions de formation à terminer avant cela.

Dès que je le pourrai je reprendrai le blog en main; en attendant je vous envoie toutes mes amitiés…

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Pâmée

Jouissance

Aujourd’hui dans tes bras j’ai demeuré pâmée,
Aujourd’hui, cher Tirsis, ton amoureuse ardeur
Triomphe impunément de toute ma pudeur
Et je cède aux transports dont mon âme est charmée.

Ta flamme et ton respect m’ont enfin désarmée ;
Dans nos embrassements, je mets tout mon bonheur
Et je ne connais plus de vertu ni d’honneur
Puisque j’aime Tirsis et que j’en suis aimée.

O vous, faibles esprits, qui ne connaissez pas
Les plaisirs les plus doux que l’on goûte ici-bas,
Apprenez les transports dont mon âme est ravie !

Une douce langueur m’ôte le sentiment,
Je meurs entre les bras de mon fidèle Amant,
Et c’est dans cette mort que je trouve la vie.

Marie-Catherine-Hortense de Villedieu (1632 – 1683)

Henri Gervex (1852 – 1929), Le réveil

Une initiative intéressante

Aujourd’hui j’aimerais vous parler des travaux du photographe Joel Parés, qui dénonce les stéréotypes attachés à l’apparence dans sa série Judging America. C’est ainsi que Jefferson Moon n’appartient pas à un gang…

mais est en réalité diplômé de Harvard :

Jane Nguyen n’est pas une stripteaseuse…

mais une jeune veuve mère de trois enfants :

Quant à Jacob Williams, ce n’est pas un sans-abri…

mais un vétéran de la guerre d’Irak :

Pour voir la série complète, c’est ici

Vendanges

Bonjour à tous, je reviens parmi vous de manière plus régulière je l’espère…

Cette année je fais partie d’un club photo qui organise une sortie par mois; dimanche dernier nous avons été accueillis par le château de Lucey en Savoie pour photographier les vendanges. J’avais envie de partager quelques clichés avec vous :

Je vais de ce pas répondre aux commentaires (je suis en retard, pardonnez-moi) – j’ai été contente de vous retrouver…

Sympathique

Quand je considérais, ainsi, la difficulté que j’avais à me séparer définitivement d’une femme, difficulté qui m’amenait à tant de liaisons simultanées, je n’en accusais pas la tendresse de mon cœur. Ce n’était pas elle qui me faisait agir, lorsque l’une de mes amies se lassait d’attendre l’Austerlitz de notre passion et parlait de se retirer. Aussitôt, c’était moi qui faisais un pas en avant, qui concédais, qui devenais éloquent. La tendresse, et la douce faiblesse d’un cœur, je les réveillais en elles, n’en ressentant moi-même que l’apparence, simplement un peu excité par ce refus, alarmé aussi par la possible perte d’une affection. Parfois, je croyais souffrir véritablement, il est vrai. Il suffisait pourtant que la rebelle partît vraiment pour que je l’oubliasse sans effort, comme je l’oubliais près de moi quand elle avait décidé, au contraire, de revenir. Non, ce n’était pas l’amour, ni la générosité qui me réveillait lorsque j’étais en danger d’être abandonné, mais seulement le désir d’être aimé et de recevoir ce qui, selon moi, m’étais dû. Aussitôt aimé, et ma partenaire à nouveau oubliée, je reluisais, j’étais au mieux, je devenais sympathique. […]

Le seul sentiment profond qu’il m’arrivât d’éprouver dans ces intrigues était la gratitude, quand tout marchait bien et qu’on me laissait, en même temps que la paix, la liberté d’aller et de venir, jamais plus gentil et gai avec l’une que lorsque je venais de quitter le lit d’une autre, comme si j’étendais à toutes les autres femmes la dette que je venais de contracter près de l’une d’elles. Quelle que fût, d’ailleurs, la confusion apparente de mes sentiments, le résultat que j’obtenais était clair : je maintenais toutes mes affections autour de moi pour m’en servir quand je le voulais. Je ne pouvais donc vivre, de mon aveu même, qu’à la condition que, sur terre, tous les êtres, ou le plus grand nombre possible, fussent tournés vers moi, éternellement vacants, privés de vie indépendante, prêts à répondre à mon appel à n’importe quel moment, voués enfin à la stérilité, jusqu’au jour où je daignerais les favoriser de  ma lumière. En somme, pour que je vive heureux, il fallait que les êtres que j’élisais ne vécussent point. Ils ne devaient recevoir leur vie, de loin en loin, que de mon bon plaisir.

Albert Camus (1913 – 1960), La Chute

Edward Hopper (1882 – 1967), Room in New York