Linen sampler

J’aime beaucoup les modèles édités par la firme Dimensions dans les années 80, en particulier ceux de la créatrice Nancy Rossi :

Comme cadeau de Noël je me suis octroyé le droit de commencer un nouvel ouvrage :

Vagues

– Ces pierres ont presque deux cents ans. Elles appartenaient à mon arrière-arrière-arrière-grand-mère, Omu. Elle imposait les mains pour soigner les gens, et c’est elle qui a gravé ces symboles. Elle était née dans un village sur la côte ouest de l’Afrique. Il n’existe plus, mais, à l’époque, il s’appelait Moboko…

J’étais captivée par le récit de Chessie, qui avait les yeux fixés sur l’horizon.

Par une belle journée, Omu pratiquait une danse sacrée dans les eaux transparentes de l’Atlantique. Elle s’adonnait toujours à ce rituel les matin de pleine lune. Lorsque les vagues déferlèrent sur elle, elle plongea les pierres dans l’océan et psalmodia doucement une litanie de mots secrets. Les pierres, douces et mouillées dans ses mains, étaient électrisées par les mystères que charriaient les vagues. Comme son rituel touchait à sa fin, Omu sentit le sable vibrer sous ses pieds. Elle crut que l’océan lui transmettait sa puissance, mais, une fois la dernière pierre bénie, les vibrations s’amplifièrent encore.

En se retournant, Omu découvrit un groupe d’hommes fondant sur elle. Elle rassembla à la hâte les pierres dans le bas de sa robe relevée et s’enfuit sur la plage. Elle avait beau être jeune et rapide, les hommes aux visages fantomatiques l’entourèrent bientôt. Leur peau avait la couleur de la mort, et, quand ils se rapprochèrent, leur puanteur diabolique assaillit ses narines. Lorsqu’ils se précipitèrent sur elle, Omu lança ses pierres magiques vers l’océan. Elles tourbillonnèrent dans les airs et, juste avant de disparaître dans les flots, projetèrent un éclat de lumière et se transformèrent en sept minuscules oiseaux blancs. En battant des ailes, ceux-ci s’élevèrent haut dans le ciel et vinrent décrire des cercles au-dessus d’Omu, qui luttait pour échapper aux esclavagistes. Ils la battirent jusqu’au sang et la soumirent en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Quelques jours plus tard, elle était enchaînée dans les entrailles d’un gigantesque navire qui l’emmenait loin de sa terre natale. Semaine après semaine, le navire résonna des gémissements de mourants et de vivants qui auraient préféré mourir. Lorsque le bateau accosta en Amérique, Omu fut vendue au propriétaire d’une plantation.

Par une nuit étouffante, alors qu’Omu sanglotait silencieusement sur un lit étroit dans une baraque, elle remarqua un mouvement près de la fenêtre. Elle s’assit, s’essuya les yeux et regarda, ébahie, sept minuscules oiseaux blancs se poser, un à un, sur le rebord. Omu s’agenouilla pour tendre la main vers les oiseaux. Ils hérissèrent leurs plumes une dernière fois avant de redevenir, au moment où les doigts d’Omu les touchèrent, sept pierres magiques.

Omu les dissimula sous une latte amovible du plancher, près de son lit. Elle était persuadée qu’il lui suffisait d’atteindre l’océan : elle pourrait ainsi imprégner ses pierres d’une magie suffisamment puissante pour créer des oiseaux plus grands – des oiseaux capables de la ramener dans sa terre natale. Mais les années passèrent, et le seul océan qu’Omu vit jamais inondait ses rêves.

Beth Hoffman, Un été à Savannah – traduction d’Alice Delarbre

Annibale Carraci (1560 – 1609), Portrait of an African Slave Woman (détail)

Crémieu (III)

Aujourd’hui, dernière partie de notre promenade médiévale – au détour d’une ruelle, des enseignes pleines de fantaisie :

L’hôtel de ville :

Pour finir, la sérénité du cloître voisin :

L’emblème du Dauphiné, comme heurtoir de porte :

Il est temps de rentrer :

Merci de m’avoir accompagnée…

Crémieu (I)

Aujourd’hui, je vous emmène à Crémieu, cité médiévale du Nord-Isère :

La halle, conservée en l’état depuis plus de 500 ans :

Dans la rue, des façades pittoresques :

Noir, c’est noir :

Un câlin volontiers accordé :

En route pour le château…

L’ascension commence…

La suite demain, si vous le voulez bien…

Noël

Le ciel est noir, la terre est blanche ;
– Cloches, carillonnez gaîment ! –
Jésus est né ; – la Vierge penche
Sur lui son visage charmant.

Pas de courtines festonnées
Pour préserver l’enfant du froid ;
Rien que les toiles d’araignées
Qui pendent des poutres du toit.

Il tremble sur la paille fraîche,
Ce cher petit enfant Jésus,
Et pour l’échauffer dans sa crèche
L’âne et le bœuf soufflent dessus.

La neige au chaume coud ses franges,
Mais sur le toit s’ouvre le ciel
Et, tout en blanc, le chœur des anges
Chante aux bergers : « Noël ! Noël ! »

Théophile Gautier (1811 – 1872), Emaux et camées

Samuel S. Carr (1837 – 1908),  Christmas Eve along the Hudson with the Palisades across the River