Berger des Shetland

Une nouvelle race avec ce très beau chien sur une pelouse fleurie :

La broderie fait 127 x 145 points et comporte 28 couleurs DMC. Le modèle est disponible dans la catégorie Berger des Shetland.

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Rosa fâchée

Une querelle. Pourquoi ?
Mon Dieu, parce qu’on s’adore.
À peine s’est-on dit Toi
Que Vous se hâte d’éclore.

Le cœur tire sur son nœud ;
L’azur fuit ; l’âme est diverse.
L’amour est un ciel, qui pleut
Sur les amoureux à verse.

De même, quand, sans effroi,
Dans la forêt que juin dore,
On va rôder, sur la foi
Des promesses de l’aurore,

On peut être pris le soir,
Car le beau temps souvent triche,
Par un gros nuage noir
Qui n’était pas sur l’affiche.

Victor Hugo (1802 – 1885), Les chansons des rues et des bois

Charles Landelle (1821 – 1908), Isménie, nymphe de Diane (détail)

L’amour par terre

Le vent de l’autre nuit a jeté bas l’Amour
Qui, dans le coin le plus mystérieux du parc,
Souriait en bandant malignement son arc,
Et dont l’aspect nous fit tant songer tout un jour !

Le vent de l’autre nuit l’a jeté bas ! Le marbre
Au souffle du matin tournoie, épars. C’est triste
De voir le piédestal, où le nom de l’artiste
Se lit péniblement parmi l’ombre d’un arbre,

Oh ! c’est triste de voir debout le piédestal
Tout seul ! Et des pensers mélancoliques vont
Et viennent dans mon rêve où le chagrin profond
Évoque un avenir solitaire et fatal.

Oh ! c’est triste ! – Et toi-même, est-ce pas ! es touchée
D’un si dolent tableau, bien que ton œil frivole
S’amuse au papillon de pourpre et d’or qui vole
Au-dessus des débris dont l’allée est jonchée.

Paul Verlaine (1844 – 1896), Fêtes galantes

Antoine Watteau (1684 – 1721), La Partie carrée

Poupée victorienne

Une nouvelle catégorie de diagrammes est désormais disponible sur le site : celle des poupées en trois dimensions. Une fois brodé le motif peut être découpé en laissant une marge pour la couture, assemblé sur un tissu aux mêmes dimensions et former un petit coussin en forme de poupée.

La broderie fait 152 x 311 points et comporte 26 couleurs DMC. Le modèle est disponible ici.

Un petit colibri…

aux mille nuances, brodé avec patience par momo23 :

Quel talent ! Merci beaucoup Monique !

Ce motif est disponible ici.

J’en profite pour vous dire que même si je me fais plus rare je n’oublie ni le blog ni ses gentil(le)s habitué(e)s; je vais répondre bientôt aux commentaires en retard…

Comme vous le savez (ou pas) je suis prestataire pour deux organismes de formation à distance, et les concours et/ou examens approchent, d’où beaucoup de temps à consacrer à mes stagiaires, et moins de temps à consacrer à la création.

En outre je brode des motifs que je ne peux pas montrer, parce qu’ils m’ont été commandés par une revue à paraître à l’automne.

Je vous embrasse et vous dis à très bientôt… 

15 mars 1945

Mon cher vieux Jean,

Je t’aimais profondément, tu le savais, en frère et en ami et je regrette de te faire une grande peine. Mais je suis obligé de faire ce que je vais faire, et tu le comprendras.

[…] Je me tue : cela n’est défendu par aucune loi supérieure, bien au contraire. Ma mort est un sacrifice librement consenti qui m’évitera certaines salissures, certaines faiblesses. Et surtout, je ne m’intéresse pas assez à la politique pour en encombrer (prison, etc.) mes derniers jours.

Cela m’ennuierait et me distrairait des suprêmes pensées dont je veux m’occuper seulement aux derniers moments.

Je ne crois ni à l’âme ni à Dieu, je crois à l’éternité d’un principe suprême et parfait dont ce monde n’est que la vaine apparence. Apparence ravissante et dont je me suis réjoui autant qu’aucun. J’ai joui des hommes, des femmes, des animaux, des plantes, surtout des arbres, de tout – et des maisons, cher architecte -, mais depuis quelques années encore bien mieux de l’essence qui est derrière tout. Cela m’a enivré merveilleusement et je ne me tiens pas de joie d’aller enfin à cela.

Je n’ai aucune contrainte en moi ni autour de moi : je suis saturé des apparences et j’aspire à l’essence et au-delà de l’essence à l’indicible.

Je saute sur l’occasion qui m’est offerte. La menace de mort depuis cinq ans a décuplé ma vie et m’a fait goûter et comprendre tout comme je n’aurais fait si je n’avais pas choisi la voie dangereuse, la voie de l’âpre audace.

J’espère que tu te portes bien, que tu reprendras bien ton métier, que tu n’auras pas d’ennuis à cause de moi, que tu développeras ta conscience et ta mesure comme tu faisais.

Je suis heureux de penser que tu auras ma bibliothèque, mes livres et que tu t’occuperas de mon œuvre.

[…] Cher vieux, j’aurais aimé vieillir près de toi, mais le sort en a décidé autrement.

Je t’embrasse du fond du cœur et du fond de l’être.

Ton frère Pierre

Pierre Drieu la Rochelle (1893 – 1945), « Dernière lettre à son frère », Journal 1939 – 1945

Bleus

Fier d’avoir été brodé par momo23, un choucador parade sur la toile 🙂

Très bientôt je vous montre le colibri qui suit :

Merci 1000 fois momo de partager ton beau travail !

Réponse

– « Mais je l’ai vu si peu ! » – disiez-vous l’autre jour.
Et moi, vous ai-je vue, en effet, davantage ?
En un moment mon cœur s’est donné sans partage.
Ne pouvez-vous ainsi m’aimer à votre tour ?

Pour monter d’un coup d’aile au sommet de la tour,
Pour emplir de clartés l’horizon noir d’orage
Et pour nous enchanter de son puissant mirage,
Quel temps faut-il à l’aigle, à l’éclair, à l’amour ?

Je vous ai vue à peine et vous m’êtes ravie;
Mais à vous mériter je consacre ma vie
Et du sombre avenir j’accepte le défi.

Pour s’aimer faut-il donc tellement se connaître,
Puisque, pour allumer le feu qui me pénètre,
Chère âme, un seul regard de vos yeux a suffi ?

François Coppée (1842 – 1908), L’Exilée

John White Alexander (1856 – 1915), Black and Red