Ressemblance

Vous désirez savoir de moi
D’où me vient pour vous ma tendresse ;
Je vous aime, voici pourquoi :
Vous ressemblez à ma jeunesse.

Vos yeux noirs sont mouillés souvent
Par l’espérance et la tristesse,
Et vous allez toujours rêvant :
Vous ressemblez à ma jeunesse.

Votre tête est de marbre pur,
Faite pour le ciel de la Grèce
Où la blancheur luit dans l’azur :
Vous ressemblez à ma jeunesse.

Je vous tends chaque jour la main,
Vous offrant l’amour qui m’oppresse ;
Mais vous passez votre chemin…
Vous ressemblez à ma jeunesse.

René-François Sully Prudhomme (1839 – 1907), Stances et poèmes

Auguste Toulmouche (1829 – 1890), Dolce farniente