Cultures

Passés

Après avoir acheté mes bonbons, je me rendais tout droit chez Armbruster, un magasin d’occasions. Ce dépôt ressemblait à un cimetière : tous ces objets avaient appartenu autrefois à des marins, des grands-parents, des mères, des pères et leurs enfants. Un rayon nautique proposait des boussoles de bois et de cuivre, des quadrants et des cuvettes de bateaux en porcelaine bleue et blanche, décorée chacune d’une image du navire dont elles provenaient. Sur des étagères poussiéreuses s’alignaient des moulins a café en fonte et des bassinoires en cuivre terni, des soufflets, des carreaux imprimés, détachés avec soin de manteaux de cheminées, et un bol en faïence de Delft grossière et ébréchée, sur lequel était gravée en lettres noires bâclées l’inscription, « Succès à toi, héros prussien, 1769 ». Il y avait aussi des couvertures qui sentaient le moisi et de la flanelle galloise toute tâchée, des mouchoirs de soie noire rayés et côtelés, des bouts de thibaude décolorés et des tapis au centre marqué d’un passage élimé.

Et les objets en verre ! Rangée sur rangée des bouteilles noires, vidées de leur whisky ou de leur remède, attendaient à côté de verres aux épaisses tiges basses et de carafes de cristal au plomb, d’une teinture bleutée. On ne comptait plus ces pièces, dont chacun était plus originale que la précédente. Je me représentais les jeunes employés des verreries avec leurs yeux larmoyants, abîmée par la fumée provoquée par le mélange d’alcali, de chaux et de sel; j’avais devant moi une partie des résultats de leurs efforts qui les avaient parfois rendus aveugles, cédés pour quelques pennies dans cette boutique humide, d’où se dégageait une odeur de moisissure et de désespoir.

Je passais devant ces tristes vestiges d’autres vies pour le rendre directement au rayon des livres. Sur des étagères ployées s’entassait un pot-pourri d’ouvrages aux pages gondolées par l’humidité, marquées de taches brunes, aux tranches noircies et aux couvertures souillées et gonflées. Ils coûtaient un ou deux pennies pièce; parfois une collection complète d’un auteur était étiquetée cinq pennies. J’achetais livre sur livre, je les cachais sous ma paillasse et, après les avoir lus, soit je les revendais, soit je les échangeais contre d’autres. Contrairement aux bonbons, qui étaient une gâterie, ces livres m’étaient nécessaires.

Linda Holeman (née en 1949), L’Oiseau du Cachemire

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Edwaert Collier (1640-1708), A globe, a casket of jewels and medallions, books, a hurdy-gurdy, a bagpipe, a lute, a violin, an upturned silver tazza and roemer, a nautilus shell, a recorder, a shawm, a print with a self-portrait of the artist and a musical score on a draped table, a curtain above

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Métamorphoses

Il me fit signe de monter dans son véhicule. Je m’étendis sur le fond en bois, en abritant avec un bras mes yeux du soleil, lequel était trop brillant même derrière mes paupières. La mule se remit en route et nous nous ébranlâmes dans un fracas de sabots.

L’homme me tapa sur l’épaule et m’offrit des olives dans un bocal. Sa femme frappa sur sa main pour l’en empêcher, mais il lui montra en riant les arpents d’oliviers à la ronde en haussant les sourcils d’un air moqueur. Je feuilletai machinalement mon Ovide et me souvins du berger qui avait gâché la danse des nymphes. En punition, il avait été changé en olivier, arbre grossier et commun. Il me sembla soudain que j’apercevais le corps du berger dans chaque tronc, ses traits crispés se confondant dans l’écorce noueuse, ses bras s’étendant dans les branches, tandis qu’il appelait désespérément à l’aide avant d’être métamorphosé, pris au piège à jamais.

Le soleil badina avec moi jusqu’au moment où je sentis que le monde physique revenait à la vie. Je n’avais encore jamais pris conscience de son âme vivante, tant la nature dans mon passé avait été ordonnée et arrangée. Il y avait une explosion de couleurs au pied de chaque tronc tordu : d’énormes pâquerettes blanc et jaune, des coquelicots et des renoncules, dont la vitalité insouciante épuisait mes yeux. Ailleurs, des anémones épanouissaient avec davantage de douceur  leurs corolles blanches, jaunes, violettes. Dans un laurier, je vis distinctement, en un éclair, Daphné fuyant les violences d’Apollon, sa silhouette se détachant aussi nettement qu’un camée sur une broche. Le soleil s’élevait à l’horizon. Je fermai mes yeux de toutes mes forces en essayant de penser à Franny. Quand son visage m’apparut, il commença à se transformer, avec une lenteur affreuse, en écorce.

Les métamorphoses s’emparaient du monde autour de moi. J’éveillais la vie dans le livre au contact de ma main, et il la restituait à l’univers à travers moi. Qu’était ce livre sinon du cuir ? Qu’était le cuir sinon la peau d’un animal ? Et le papier n’était-il pas un arbre, le vélin n’était-il pas fait d’agneau ? Et moi, qu’étais-je sinon une idée ? Peu à peu, en regardant le paysage qui m’entourait, je deviens conscient de la présence des humains eux-mêmes avant leur transformation en arbres ou en fleurs, en animaux terrestres ou en oiseaux.

Wesley Stace (né en 1965), L’infortunée – traduction de Philippe Giraudon

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Le Bernin (1598 – 1680), Apollon et Daphné

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Famille

Esmond s’immobilisa sur le seuil et se mit au garde-à-vous. Sa tenue n’était pas réellement militaire mais plutôt un amalgame de plusieurs uniformes – peut-être était-ce celui de sa propre milice privée. Bien qu’il fût mon aîné d’une bonne vingtaine d’années et parût plus vieux que son âge, il se trouvait beau. C’était vrai, mais sa beauté était brutale. Sa peau tannée avait une couleur de sable, comme s’il avait vu trop de déserts, affronté trop de poudre et de mitraille. Sa voix cassante, impitoyable, associée à la courbe dédaigneuse de ses lèvres, trahissait le caractère d’un homme préférant donner des ordres qu’en recevoir. Edith, sa mère, l’avait accompagné ou plutôt suivi – elle était toujours en retrait. C’était maintenant une femme prématurément affaiblie, qui ignorait encore les trois faits essentiels de son existence, à savoir que son défunt mari était le père des deux derniers enfants de sa sœur Nora, que son fils était l’amant de ladite Nora et que le mari soumis de celle-ci était le seul homme capable de prendre soin d’elle comme elle l’aurait voulu.

Nous demandâmes poliment des nouvelles de Camilla. Esmond nous informa que sa sœur était récemment partie comme missionnaire pour l’Afrique. Je me souvenais vaguement de cette fragile créature. Il me semblait peu probable que sa santé puisse résister à un voyage vers la côte et encore moins à un séjour de plusieurs mois au milieu des sauvages. Je l’imaginais attendant d’un air gêné son tour d’être cuite dans la marmite, trop timide pour demander qu’on ajoute un peu de sel.

Wesley Stace (né en 1965), L’infortunée – traduction de Philippe Giraudon

(c) National Trust, Ickworth; Supplied by The Public Catalogue Foundation

John Hoppner (1758 – 1810), Frederick William Hervey

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Convenances

La version officielle

[…] Rien ne trahissait à l’extérieur une quelconque intimité entre la bibliothécaire et le châtelain, mais leur liaison secrète ne faisait aucun doute. Ils vivaient sous le même toit depuis des années, au cours desquelles Geoffroy était devenu un homme aussi séduisant qu’absorbé en lui-même. Il ne donnait aucune envie de quitter même brièvement sa demeure : par quoi pouvait-il être retenu, sinon par la présence d’Anonyma ? Au dire de tous, il passait de longues heures en tête à tête dans la bibliothèque. En dehors de sa mère, elle était la seule femme à qui il adressât la parole. Bien qu’ils fussent tous deux réduits en esclavage par la douairière clouée au lit, ils étaient après elle les dépositaires de l’autorité : mon père par sa naissance, ma mère parce qu’il l’avait choisie. Il suffisait d’additionner ces éléments pour obtenir une histoire d’amour. Même s’il ne s’agissait que de preuves indirectes, elles étaient plus que suffisantes pour exercer les langues.

Toutefois, la rumeur finit par d’essouffler. Rien ne se produisit. Et cela dura ainsi pendant des années. Le désintérêt apparent de « miss Molly » envers les femmes était peut-être réel, après tout.

Cependant la mort de lady Loveall, suivie presque immédiatement par les fiançailles de mon père avec la bibliothécaire – les deux nouvelles éclatèrent comme deux coups de tonnerre simultanés -, prouvèrent que les mauvaises langues avaient eu raison sur toute la ligne. Certaines des commères étaient mortes depuis longtemps, et on raconta qu’on avait entendu des voix dans le cimetière du village proclamer : « Nous vous l’avions bien dit ! » Non seulement le couple avait eu une liaison, mais il avait réussi à la garder secrète sous le nez pour ainsi dire de lady Loveall. Cette révélation ne suscita d’ailleurs aucun étonnement. L’étonnant, c’était que personne n’ait pu confirmer auparavant une histoire si vraisemblable.

La seule supposition crédible consistait à imaginer que leur lien était resté tacite et même ignoré pendant les quinze dernières années, par égard pour les autorités en place. À l’ombre de la douairière, leur amour n’avait pu s’épanouir. Mais à présent qu’elle-même avait rejoint les ombres le soleil brillait de nouveau pour eux. C’était tout à fait l’histoire de la rose et de l’églantier, bien dans l’esprit des Loveall – sauf que les deux amoureux n’avaient pas eu à attendre la mort pour unir leurs destins.

Cette hypothèse touchante fut bientôt rendue impossible par la révélation suivante : ma mère était enceinte et l’heureux événement était imminent. La mort de lady Loveall était survenue à point pour les amants. À chaque nouvelle péripétie, mon père voyait ses actions monter.

Quant à ma mère, elle s’installa dans la bibliothèque, sous la surveillance d’un médecin et d’une sage-femme. Quelques mois plus tard, je vins au monde. L’opinion générale est que cette union et son fruit n’auraient jamais pu être reconnus du vivant de ma grand-mère. Son fils avec une domestique, enceinte de surcroît : on aurait pu aussi bien enterrer la douairière sur le ventre, afin de lui épargner la peine de se retourner dans sa tombe.

Wesley Stace (né en 1965), L’infortunée – traduction de Philippe Giraudon

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Hippolyte Flandrin (1809 – 1864), Madame Hippolyte Flandrin

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La nuque

Comme un dernier remous sur une blanche plage
Que les flots refoulés ne peuvent pas saisir,
Sur la nuque que mord le souffle du désir,
Un frisson de cheveux trace son clair sillage.

Frisson d’écume d’or, si vivante que l’âge
Se connaît à la voir, et qui semble choisir
Les cols dont la beauté modelée à loisir
A les perfections antiques d’un moulage.

En extase penché, j’aurai pour horizon
L’oreille à qui l’amour porte mon oraison,
L’oreille, bijou fait en rose de coquille ;

Et ma bouche osera baiser l’éclat vermeil
Des minces cheveux fous brodés par le soleil,
Dont la confusion étincelante brille.

Albert Mérat (1840 – 1909), L’idole

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Vide

« Allez ! » Bonnie se tourna, se pencha vers William et posa sur sa joue un baiser délicat, rapide, comme si une plume portée par la brise l’avait effleuré et s’en était allée. À peine descendue de voiture, Bonnie s’était mise à courir vers la grange. Le siège à côté de lui paraissait plus vide que jamais. Un vide tangible, un vide plus redoutable qu’il l’aurait jamais imaginé. Il posa la main sur le siège, encore tiède de la présence de Bonnie. C’était de la folie, c’était une maladie, à moins que ce ne soit le juste châtiment pour avoir bu de l’alcool au cours de l’après-midi. Quelle que fût la cause de ce tumulte intime, William savait qu’il devait se reprendre en main.

Il démarra la voiture. Il pensa à la tarte à la rhubarbe. Il pensa au plaisir de sa femme en le voyant rentrer. Sa Grace bien-aimée, son cœur, celle qu’il aimait depuis si longtemps ! La fin de semaine, jusqu’à la répétition de lundi, s’étirait devant lui tel un désert sombre et sans fin. À cela s’adjoignait un intolérable sentiment d’avoir perdu quelque chose et d’être sur le point de perdre autre chose. La confusion régnait dans son esprit. Il ne voulait pas perdre. Il fallait qu’il se reprenne en main. Maintenant. Qu’il cesse d’imaginer Bonnie et Grant dans la grange. Qu’il se dépêche de rentrer, d’aller retrouver Grace, qu’il fredonne en entier le premier morceau de Razoumovski, qu’il soit le plus vite possible auprès de Grace. Il accéléra, ayant soudain décidé d’aller vite. Le fait de se concentrer sur la route déjouerait les tours de son imagination. Il pria Dieu de lui être favorable et de veiller à ce qu’il n’y ait pas trop d’automobilistes sur la route.

Angela Huth (née en 1938), Tendres silences – traduction de Marie-Odile Fortier-Masek et Henri Robillot

Egon Schiele (1890 – 1918), Quatre arbres

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Tableaux

Tu peins ton autoportrait. C’est une demande de ton père. Que tu lui fasses un tableau de toi. Il s’entendra mieux avec le tableau qu’avec toi. Il n’aura pas à se fâcher qu’il ne se lève pas le matin, qu’il oublie des choses, qu’il traînasse çà et là sans but.

C’est la première fois que tu te regardes dans un miroir avec l’œil du peintre. Tu n’es pas beau, mais tu te plais. Tu souris. Tu te peindras souriant, de ce sourire avec lequel tu aguiches les femmes et qui pousse ton père à bout. Quand il te crie après, qu’il t’enguirlande. Tu souris, et personne peut plus t’atteindre. Tu ne cries pas, tu souris.

Tu peins ton visage. Tu n’en démords pas. Les tableaux t’ont toujours captivé. Quand tu as dû faire le coursier pendant ton apprentissage, tu t’arrêtais devant des galeries pour contempler les tableaux, toujours les mêmes tableaux. Un jour, alors que l’un d’eux avait subitement disparu – une étude de Valenciennes -, sous le coup de l’émotion, tu es entré dans la galerie, tu voulais te renseigner sur le tableau, l’apercevoir une dernière fois. C’était comme si tu avais perdu un être cher. Mais finalement tu n’as pas osé. Tu as prétendu t’être trompé de porte, tu as rougi, et tu t’es sauvé.

Tu t’attaches aux tableaux, à tes tableaux. Tu ne veux absolument pas les vendre. Il t’est même arrivé d’en racheter. Ils font partie de toi, de ta vie. Tu les regardes. Ils restent toujours pareils. Lorsque le soir tu éteins la lumière, tu sais qu’ils sont là dans le noir.

Tu aurais dû peindre Victoire quand elle vivait encore. Sans elle, tu ne serais jamais devenu peintre. Ton père a été brisé par sa mort. Après, tout lui a été égal. Il t’a fait don de l’argent qui lui était destiné. Si tu l’avais peinte, elle serait encore là. Mais ce n’est que plus tard que tu as appris à peindre des gens. Ce n’est que plus tard que tu as appris à voir. Appris que le monde est plat, l’espace n’est que contours indécis, ombres. Nuances. Le temps n’existe pas.

Quand tu seras mort depuis longtemps, quand ce petit garçon que tu as rencontré dans le champ au-dessus de Trouville sera mort depuis longtemps, tes tableaux seront toujours là. Ils seront pratiquement les mêmes. Tu aurais dû lui dire cela : quand nous serons morts tous les deux, ce tableau existera encore et montrera ton village comme il ne sera plus depuis longtemps.

Peter Stamm (né en 1963), Comme un cuivre qui résonne – traduction de Nicole Roethel

Camille Corot (1796 – 1875), Autoportrait

Cultures

De velours et de soie

Les fleurs sauvages
Les océans du monde
Les îles blondes
M’avaient toujours tenté

Finis les grands voyages
Finis les ciels oranges
Tous les frissons étranges
Tu me les as donnés

De velours et de soie
Comme ta chair parfumée
De lumière et de velours
Comme tes yeux

De rose et de lumière
Comme le goût de ta bouche
De sang et de rose fraîche
Comme tes joues

De feu, d’or et de sang
Comme un baiser que tu me donnes
D’argent de feu et d’or
Comme ton corps qui s’abandonne

De soleil et d’argent
Tes cheveux dans le vent mauve
De plaisir et de soleil
Comme une nuit dans tes bras

Boris Vian (1920 – 1959)

Jack Vettriano (né en 1951), Beautiful losers

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Far-niente

Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage
Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,
J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis,
Loin des chemins poudreux, à demeurer assis
Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,
Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse.
Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi
Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi,
Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe,
Le puceron qui grimpe et se pende au brin d’herbe,
La chenille traînant ses anneaux veloutés,
La limace baveuse aux sillons argentés,
Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.
Ensuite je regarde, amusement frivole,
La lumière brisant dans chacun de mes cils,
Palissade opposée à ses rayons subtils,
Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte
En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote ;
Et lorsque je suis las je me laisse endormir,
Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir,
Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette,
Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette.

Théophile Gautier (1811 – 1872), Premières poésies

William McTaggart (1835 – 1910), Spring

Cultures

Ressemblance

Vous désirez savoir de moi
D’où me vient pour vous ma tendresse ;
Je vous aime, voici pourquoi :
Vous ressemblez à ma jeunesse.

Vos yeux noirs sont mouillés souvent
Par l’espérance et la tristesse,
Et vous allez toujours rêvant :
Vous ressemblez à ma jeunesse.

Votre tête est de marbre pur,
Faite pour le ciel de la Grèce
Où la blancheur luit dans l’azur :
Vous ressemblez à ma jeunesse.

Je vous tends chaque jour la main,
Vous offrant l’amour qui m’oppresse ;
Mais vous passez votre chemin…
Vous ressemblez à ma jeunesse.

René-François Sully Prudhomme (1839 – 1907), Stances et poèmes

Auguste Toulmouche (1829 – 1890), Dolce farniente