Petit lapin blanc…

s’est glissé parmi ses copains sur l’étagère :

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Galeries

Besoin de votre avis…

Mon jardin est envahi de trous comme sur les photos : est-ce que quelqu’un peut me confirmer qu’il s’agit d’entrées de galeries de campagnol terrestre (certains disent « rat taupier ») ? Je veux juste être sûre qu’il ne s’agit pas de nids de guêpes germaniques.

Si c’est bien monsieur Campagnol qui s’est invité dans mon sous-sol, je ne veux pas savoir comment l’exterminer, je ne lui veux aucun mal. Pas besoin de me dire tout ce que je peux faire pour l’envoyer ad patres. Je suis pour la cohabitation pacifique (mulot sylvestre).

Rien dans mon jardin ne mérite que je me débarrasse des hôtes indésirables de cet acabit 🙂

Une petite rose pour vous également… Merci à ceux qui pourront me renseigner.

Une amitié

Il y a des moments où elle pourrait faire de Pia l’amie qu’elle n’a pas et qui, peut-être, lui manque : leur entente est de celles qui n’ont pas besoin de mots et se nourrissent de regards, de gestes, de minuscules attentions réciproques; une complicité qui bannit tout le reste de l’univers féminin, absorbé par ses affaires sans importance, et rend précieux, si précieux le peu qu’on a. Des cadeaux de fleurs, que Pia coupe et arrange avec une grâce innée, mêlant le haut avec le bas – une gueule de loup, trois renoncules, un petit bouquet de roses naines – comme si elle n’avait jamais rien fait d’autre de sa vie, les disposant dans un bol dépareillé au sombre décor noir et or, qui, par lui-même, serait laid, mais devient par sa main digne de la table d’un dieu; des cadeaux de rubans, non pas usés, mais neufs et crissants, un collet de dentelle propre à adoucir le plus sévère corsage de gros coton, trois mouchoirs à ourlet ajouré. (Et qui prétend qu’on n’offre pas de larmes ? Ce sont des sottises : chacun offre ce qu’il peut.)

« Tu fais parfois des rêves, Pia ? », lui demande Bianca, avec la brutalité de la confidence.

Étendues sur l’herbe, les yeux perdus dans le ciel, les mains derrière la tête, les pieds tout proches : une horloge humaine qui marque les heures de la liberté.

« Je préfère ceux que je choisis toute seule, répond Pia, tranquillement. Comme ça, je m’invente une vie différente de ce qui sera.

– Mais tu ne peux pas en être sûre.

– Oh, si, je peux : si je l’ai déjà imaginée, elle ne peut pas être la vraie. Voilà pourquoi je m’invente des choses impossibles : comme ça, je m’amuse et je ne gaspille rien. »

L’économie pratique du contentement.

« Et qu’est-ce que tu inventes ?

– Je ne peux pas vous le dire, miss. Vous ririez de moi.

– Moi ? Jamais de la vie.

– Et vous, miss ? Vous rêvez ?

– Seulement la nuit. Et ensuite, je ne me rappelle rien, sauf que j’ai rêvé. Ou plutôt si : une fois, mon père est venu me voir, et je m’en souviens. Il était en chemise, comme le Christ au milieu des brebis, et il voulait me prendre dans ses bras, mais il était trop loin.

– Et votre mère ? »

Quand on ne réfléchit pas, certaines paroles viennent plus facilement.

« Elle ne riait jamais. Ensuite, elle est morte.

– Peut-être qu’elle le savait. Qu’elle allait mourir, je veux dire. Donna Julie aussi… Non, elle rit. En quelque sorte. »

Bianca pourrait se montrer curieuse : et la tienne, de mère ? Les langes de luxe, et le reste ?Mais elle se retient : elle ne voudrait surtout pas perdre ce qu’elles ont, ce qui est. Ah, pouvoir tout dire, sur tous les sujets, presque sans penser, en sachant qu’il n’y aura aucune conséquence, que personne ne le répétera, même si ce sont des choses dont on a honte !

« Vous le trouvez beau, Tommaso ?

– Allons, Pia ! Il est tout jeune.

– Justement.

– Il a les cheveux soyeux. Ce serait amusant d’y passer les doigts, de le dépeigner un peu. À mon avis, il n’en a pas besoin. »

Rires, et silence.

« Moi, je le trouve beau. Luigi aussi devient beau, mais son père veut l’envoyer au service des Crippa de Lampugnano. Nous ne nous verrons plus.

– Ce n’est pas si loin. Il pourra venir te retrouver.

– Un serviteur est comme un prisonnier, vous savez ? Et de toute façon, ce qui me plaît, c’est seulement de le regarder. Je n’ai pas envie de me marier. Je suis mieux toute seule, et puis j’y suis habituée.

– Pourtant, ça arrivera. »

Bianca se tourne sur un côté, s’appuie sur un coude. La petite est encore allongée, les yeux fermés.

« Et vous, miss ? Vous aussi ? »

Parfois, rien ne vaut le silence.

Beatrice Masini (née en 1962), L’aquarelliste – traduction de François Rosso

Federico Andreotti (1847 – 1932), Le sorelle

Un père

Ne l’eût-elle entendu de ses oreilles, et regardé, et vu si affable et serein, Bianca ne croirait pas qu’il s’agisse du même homme : celui qui passe indifférent entre ses deux fils prêts à lui montrer leurs récents dessins, marche tout droit et s’éloigne sans se retourner tandis que les enfants agitent leurs feuillets toujours plus lentement, comme en un adieu à un navire qui s’éloigne; celui qui s’enferme dans son bureau des jours d’affilée, repoussant les plateaux placés devant la porte et destinés à finir sous les crocs d’un chat ou d’un rat, sans que même la fenêtre s’ouvre ou s’entrebâille, cette fenêtre devant laquelle donna Clara passe et repasse, le visage levé, attendant un signe de vie; et celui qui crie la nuit, car elle l’a entendu et, d’ailleurs, Minna le lui a dit le lendemain : ce n’était pas un chien, ni un paysan ivre, mais lui, qui « quand il écrit, se met à hurler ». À présent, elle commence à comprendre pourquoi les enfants sont toujours si incertains devant lui, partagés entre une réserve qui confine à la timidité et le désir de toucher l’autre moitié de lui, la moitié bienveillante, douce, celle qui a envoyé Felice labourer et partager avec des filins un grand lopin de terre à l’orée des halliers, en sorte que maintenant tous les cinq, Matilde comprise, ont leur coin de jardin marqué par une pancarte en bois qui porte le nom de chacun en lettres fleuries, et un matériel complet, avec houe et bêche miniatures, et de minuscules sachets de semences à planter. De toute évidence, c’est un homme compliqué. Un instant, il est là; l’instant d’après, il disparaît et reste au secret des semaines, à poursuivre, capturer et dompter les Muses. Puis il resurgit, calme et pâle comme un convalescent, et le voilà de nouveau cet autre lui-même qui se dépense volontiers pour tous, s’agenouille près de Pietro et d’Enrico pour regarder avec enchantement leur moulin à eau bâti en équilibre sur le bord du petit canal, et contemple les danses de ses filles au son du tambourin de Pia, avec un sourire si doux qu’il semble presque bête.

Si le père est tantôt présent et tantôt absent au gré de sa fantaisie (et chaque fois de façon totale), la mère, la fragile, dévote et taciturne donna Julie, est une ouvrière infatigable de l’amour : un amour qui sourd d’elle avec constance, mais, du fait même que jamais son flot ne s’interrompt, risque de passer inaperçu.

Beatrice Masini (née en 1962), L’aquarelliste – traduction de François Rosso

József Borsos (1821 – 1883), The Dissatisfied Painter

Une exposition…

Pour les Rhônalpin(e)s, le club photo de Pont-de-Beauvoisin (Isère et Savoie) organise son exposition annuelle sur le thème du savoir-faire (arts, vieux métiers, vendanges, nature, etc.)

Les horaires sont les suivants :
– vendredi 19 juin : 17 h – 20 h 30 (vernissage à 19 h)
– samedi 20 juin : 10 h – 12 h / 15 h – 20 h
– dimanche 21 juin : 10 h – 12 h / 15 h – 18 h

J’assure la permanence du samedi matin pour celles et ceux qui auraient envie de faire un brin de causette, mais évidemment vous y allez quand vous voulez…

Le site du club : http://www.photopont.com/